Article paru dans le magazine 360° en juin 2006
Cinq parents ont décidé de créer à Genève un groupe pour accueillir d’autres parents, qui comme eux, ont été confrontés à la révélation de l’homosexualité de leur enfant.
Pour l’instant, ils l’avouent humblement: les contacts sont rares. Mais Lucienne, Roudy, Liliane, Marc et Jean en profitent pour affiner leur démarche dans des discussions vives et amicales, souvent chargées d’émotion. Ces deux familles, qui se sont rapprochées en apprenant l’homosexualité de leurs fils respectifs, se remémorent le moment critique où tout a basculé. «Quand il nous a dit qu’il était homosexuel, se souvient Lucienne, cette acceptation que l’on avait pour les enfants des autres n’a pas fonctionné.» Liliane se souvient de la peur qui l’a saisie: «Là où ça m’a fait très mal, c’est quand je me suis dit: Que va-t-il advenir de toi, quel va être ton avenir… J’avais peur d’une vie dans l’ombre, d’une vie sentimentale moins stable et enrichissante… et surtout de la solitude.» Partant de leur propre expérience, de leur confusion et de leurs préjugés d’alors, ils se préparent à rencontrer ces parents qui veulent croire que l’homosexualité de leur enfant est «traitable», tout comme ceux qui recherchent à tout prix des «causes». Des sentiments par lesquels ils sont passés, mais qui ont vite été dissipés par leurs fils. Déjà majeurs et indépendants au moment de leur coming out, ils ont su trouver les arguments pour rassurer leurs parents – une situation que les deux familles perçoivent comme «privilégiée». Après de nombreuses discussions et lectures sur le sujet, Jean se sent prêt à expliquer avec tact et patience «qu’il n’est pas bon de vouloir changer ce destin. C’est là le but premier de notre groupe: convaincre les parents d’accepter – quelle que soit la forme que prenne l’homosexualité de leur enfant, qu’ils soient fidèles, qu’ils vivent en couple ou fréquentent le milieu gay.» Reste une expérience, qui se rapproche de celle du deuil, comme le confirme Lucienne: «Même quand on est encore jeune, on a l’idée que nos enfants vont se marier, que l’on aura un jour des petits-enfants – même si on a pas vraiment envie de petits-enfants… mais c’est une possibilité qui tout d’un coup s’arrête.»
Un lieu neutre
D’autres groupes de parents existent en Suisse romande. A Delémont, des rencontres sont organisées sous l’égide de Juragai, tandis qu’à Lausanne, des parents se réunissent régulièrement dans les locaux de VoGay. Toutefois, Liliane estime qu’il est nécessaire de trouver des lieux neutres: «Quand ils viennent d’apprendre l’homosexualité de leur enfant, certains parents n’ont pas assez de recul pour pousser la porte d’une association.» Le groupe genevois envisage actuellement de se réunir dans une maison de quartier ou à domicile. «Les gens qui veulent en parler n’ont pas envie d’aller chez le médecin, ni chez le psychiatre, moins encore dans une association homosexuelle, explique Jean, mais ils cherchent des lieux de parole… Entre nous, on a évacué les tabous et on a une certaine ‘culture’ parce qu’on a beaucoup lu sur ce sujet. A ce titre, je pense que nous avons le pouvoir d’établir une relation d’égal à égal et de libérer la parole.»
Arnaud Gallay
02.06.2006
Bonjour, Je m'appelle Isabelle
Bonjour,
Je suis la trésorière de l'association EX AEQUO de Reims en France.
Je viens de lire un article sur http://www.360.ch/presse/news/2006/06/002030.php qui parle de la création de votre groupe d'accueil.
Je tiens par ces quelques mots à vous féliciter de cette initiative.
Nous serions tellement heureux d'avoir un groupe de parents à notre association pour accueillir des papas et des mamans qui ne comprennent pas la vie de leurs enfants. Nous avons essayé d'en mettre un en place, mais nous n'avons pas su le dynamiser. Aujourd'hui, il nous arrive de recevoir des jeunes accompagnés de leurs parents. Mais ces derniers sont rassurés par des homos, et non pas par leurs semblables. Je pense que s'ils discutaient avec des personnes ayant rencontré la même souffrance, il leur serait plus facile de parler.
Je sais que ma maman à souffert quand je lui ai dit que j'étais lesbienne, et j'aurais aimé qu'elle rencontre des parents pour l'aider. Je lui avais conseillé d'appeler l'association Contact, mais elle n'a pas osé le faire. Si elle avait pu rencontrer des personnes plus proches, je suis sûre que ça l'aurait aidée.
Maintenant, nous arrivons à discuter très facilement toutes les deux, et j'aimerais bien qu'elle fasse la démarche d'aider d'autres parents. Je le lui ai déjà demandé, mais l'idée ne mûrit pas dans sa tête.
Je souhaite une longue route à votre initiative.
Sincères salutations.
Isabelle
EX AEQUO Reims
www.exaequoreims.com <http://www.exaequoreims.com>